Depuis le 1er janvier 2025, une nouvelle obligation réglementaire s’applique à certaines entreprises : instaurer un dispositif de partage de la valeur, sous peine de non-conformité sociale.
La prime de partage de la valeur (PPV), qui succède à la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (dite “prime Macron”), s’inscrit désormais dans un cadre plus structuré. Si son versement reste facultatif dans de nombreux cas, il devient obligatoire pour certaines entreprises de 11 à 49 salariés, dès lors qu’elles affichent une rentabilité suffisante sur trois années.
En parallèle, les primes exceptionnelles peuvent toujours être attribuées par les employeurs, mais leur mise en œuvre obéit à des règles précises souvent méconnues.
👉 Dans ce contexte, quelles sont les obligations légales des employeurs ? Quelles sont les marges de manœuvre et les précautions à prendre ?
⚖️ PPV : un dispositif obligatoire pour certaines entreprises depuis 2025
Qu’est-ce que la prime de partage de la valeur (PPV) ?
La prime de partage de la valeur (PPV) est un dispositif introduit par la loi du 29 novembre 2023, qui s’inscrit dans une logique durable de redistribution des performances économiques de l’entreprise. Elle vise à associer davantage les salariés aux résultats, tout en renforçant leur pouvoir d’achat.
Remplaçant progressivement la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA), la PPV peut être versée de manière facultative par tout employeur, mais devient obligatoire pour certaines entreprises depuis le 1er janvier 2025, sous conditions.
Elle peut prendre plusieurs formes et s’ajoute aux dispositifs existants tels que l’intéressement ou la participation. Toutefois, la PPV ne peut en aucun cas se substituer à une augmentation de salaire ou à une prime prévue par contrat ou usage.
Ce mécanisme s’inscrit ainsi dans une démarche d’incitation à la fidélisation et à la reconnaissance salariale.

🏢 Entreprises concernées par l’obligation de mise en place
Depuis le 1er janvier 2025, certaines entreprises sont tenues de mettre en place un dispositif de partage de la valeur, dont la PPV peut être l’une des modalités.
Cette obligation concerne les entreprises de 11 à 49 salariés qui remplissent la condition suivante :
- avoir réalisé au moins 1 % de bénéfice net, rapporté au chiffre d’affaires,
- sur les trois derniers exercices consécutifs.
Ces entreprises doivent instaurer au moins un des dispositifs suivants :
- un accord d’intéressement,
- un accord de participation,
- un abondement à un plan d’épargne salariale (PEE, PEI, PERCO, PERECO),
- ou une prime de partage de la valeur (PPV).
⚠️ Cette obligation s’inscrit dans un cadre expérimental applicable jusqu’au 31 décembre 2029.
Les entreprises de plus de 49 salariés ne sont pas visées par ce texte, mais peuvent continuer à mettre en place la PPV de manière volontaire, dans un cadre juridique sécurisé.
📎 Bon à savoir :
Les entreprises de plus de 49 salariés ne sont pas visées par ce texte, mais peuvent continuer à mettre en place la PPV de manière volontaire, dans un cadre juridique sécurisé.
🛠 Modalités de mise en œuvre de la PPV
La mise en place de la prime de partage de la valeur peut se faire selon deux modalités :
- par accord collectif (d’entreprise, de groupe ou de branche),
- ou par décision unilatérale de l’employeur, après consultation du comité social et économique (CSE) s’il existe.
La PPV peut être versée :
- en une ou plusieurs fois au cours de l’année civile,
- à l’ensemble des salariés ou de façon modulée selon des critères objectifs.
Les critères autorisés pour la modulation du montant incluent :
- la rémunération,
- l’ancienneté,
- la durée de présence effective sur l’année,
- le niveau de classification,
- ou encore la durée de travail prévue au contrat.
Il est impératif que la PPV soit clairement identifiée sur la fiche de paie et qu’elle ne remplace jamais un élément de rémunération existant (salaire, prime contractuelle ou usage d’entreprise).
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💰 Primes exceptionnelles : entre liberté contractuelle et encadrement juridique
Définition et cadre légal
Contrairement à la PPV, les primes exceptionnelles ne sont pas encadrées par un dispositif spécifique ni rendues obligatoires par la loi de manière générale. L’employeur peut décider librement de verser une prime ponctuelle à ses salariés pour récompenser un effort particulier, compenser une situation exceptionnelle ou répondre à un enjeu de pouvoir d’achat.
Toutefois, cette liberté reste encadrée par le droit du travail, notamment lorsqu’une prime exceptionnelle :
- est prévue par un contrat de travail ou un accord collectif,
- résulte d’un usage constant au sein de l’entreprise (régularité, généralité, fixité).
Dans ces cas précis, son versement devient obligatoire. En cas de suppression unilatérale d’un usage, l’employeur doit respecter une procédure spécifique (information préalable des salariés ou de leurs représentants).
La prime exceptionnelle, si elle est attribuée, doit apparaître clairement sur la fiche de paie et respecter les règles de non-discrimination.

📋 Conditions de validité et points de vigilance
Si l’employeur décide d’attribuer une prime exceptionnelle, plusieurs éléments doivent être rigoureusement respectés pour éviter tout risque juridique ou redressement URSSAF.
Voici les principaux points de vigilance :
- Objectivité des critères d’attribution : la prime doit reposer sur des critères non discriminatoires (performance, ancienneté, atteinte d’un objectif, etc.). Toute inégalité de traitement non justifiée peut être sanctionnée.
- Transparence : le montant de la prime, sa nature et les éventuels critères de modulation doivent être clairement définis et communiqués. Elle doit figurer distinctement sur le bulletin de paie.
- Respect du cadre contractuel ou conventionnel : si la prime résulte d’un contrat de travail ou d’une convention collective, l’employeur ne peut y déroger unilatéralement.
- Vérification de l’existence d’un usage : si la prime a été versée régulièrement dans le passé, elle peut être considérée comme un usage. Dans ce cas, sa suppression exige une procédure formelle de dénonciation.
Enfin, il est essentiel d’anticiper l’impact social et fiscal de la prime sur la masse salariale, et de documenter toute décision par écrit, même en l’absence d’obligation légale formelle.
📎 Pour aller plus loin :
Découvrez un décryptage complet des modalités de versement de la PPV et des primes exceptionnelles dans cet article de Juritravail.
🛡 Anticiper les risques et sécuriser sa politique de rémunération
Contrôle URSSAF et risques en cas de non-conformité
La mise en place de primes, qu’elles soient exceptionnelles ou liées au partage de la valeur, n’est pas sans conséquence. En cas de non-respect du cadre légal, l’employeur s’expose à plusieurs risques, notamment lors d’un contrôle URSSAF.
Les points de vigilance les plus fréquents :
- Requalification de la prime en complément de salaire, notamment si elle se substitue à une augmentation prévue ou à une prime contractuelle.
- Redressement pour usage non dénoncé lorsque l’employeur cesse de verser une prime versée régulièrement.
- Inégalités de traitement non justifiées entre salariés.
- Absence de formalisme : défaut de mention sur la fiche de paie, absence de documentation, manque de transparence dans les critères d’attribution.
Un audit préalable des pratiques de rémunération permet de limiter ces risques et de garantir la sécurité juridique des dispositifs. Nous avons déjà rédigé un article complet sur l’intérêt d’aborder un contrôle URSSAF en amont, lisez-le !
📎 Quels sont les risques sociaux en cas de mauvaise application de la PPV ?
Le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS) détaille les règles applicables à la prime de partage de la valeur et aux mesures de protection du pouvoir d’achat. Une lecture utile pour éviter les erreurs de traitement et les redressements URSSAF.
L’accompagnement stratégique de Valnoa Avocat
Face à la complexité des règles applicables aux primes et au partage de la valeur, les entreprises ont tout intérêt à sécuriser leur politique de rémunération grâce à un accompagnement juridique spécialisé en épargne salariale et PPV.
Le cabinet Valnoa Avocat propose une approche sur mesure, alliant expertise juridique, vision stratégique et compréhension fine des enjeux sociaux et fiscaux de l’entreprise.
Son accompagnement comprend notamment :
- la rédaction ou mise à jour d’accords collectifs (PPV, intéressement, participation),
- l’audit des pratiques de rémunération et la gestion des usages d’entreprise,
- l’assistance en cas de contrôle URSSAF ou de contentieux,
- le conseil stratégique pour transformer ces dispositifs en leviers de performance, d’attractivité et de fidélisation.
En anticipant les obligations, Valnoa aide les entreprises à construire une politique de rémunération conforme, pérenne et valorisante pour leurs équipes.
🧾 Valoriser la rémunération variable tout en restant conforme : un enjeu stratégique pour les employeurs
Depuis l’entrée en vigueur du nouveau cadre en janvier 2025, les entreprises doivent composer avec des dispositifs de rémunération encadrés et parfois obligatoires, comme la PPV. Dans le même temps, les primes exceptionnelles, bien qu’optionnelles, doivent répondre à des critères juridiques précis pour éviter tout risque de requalification ou de litige.
👉 Dans ce contexte, sécuriser les pratiques et anticiper les obligations devient essentiel pour éviter les erreurs coûteuses… et transformer ces contraintes en opportunités.
En tant que partenaire des entreprises, Valnoa Avocat accompagne ses clients dans la mise en place de solutions efficaces, sur mesure et juridiquement solides. L’objectif : concilier performance sociale, conformité légale et attractivité RH.
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